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L'oppidum d'Orival

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Sous les arbres, les racines de Rouen

UN PROJET POUR COMPRENDRE L'HISTOIRE DE L'AGGLOMERATION

Les forêts périurbaines rouennaises, déjà inscrites dans une Charte Forestière de Territoire, constituent l'un des sites choisis pour développer la démarche "Forêt d'Exception®" initiée par l'ONF au niveau national. C'est un patrimoine varié qui doit être mis en valeur et inscrit dans une réelle dynamique territoriale : une histoire et des vestiges à mieux connaître, des richesses écologiques et paysagères à préserver et partager, une nature pour tous aux portes de la ville.

Dans ce cadre, l'ONF, la Métropole et la DRAC (Service Régional de l'Archéologie) ont décidé de monter un projet pour comprendre et appréhender l'histoire et l'évolution du territoire boisé de l'agglomération de Rouen.

Au sud de Rouen, le cours de la Seine dessine une boucle prononcée qui circonscrit la presqu'île de Rouvray en partie couverte par l'actuelle forêt domaniale de La Londe-Rouvray. Plusieurs sites archéologiques majeurs ont été identifiés depuis longtemps à l'endroit où le méandre se ressert le plus. Il s'agissait évidemment d'un endroit-clef pour "fermer" et par conséquent fortifier et contrôler l'ensemble de la presqu'île.

C'est ce secteur qui a été choisi pour approfondir les connaissances grâce notamment à de nouvelles technologies telles que le LIDAR* qui a été mis à disposition de l'ONF par le Groupement d'Intérêt Public Seine Aval (GIP Seine Aval). Ainsi, l'ONF et la DRAC ont pu exploiter les données en mettant en évidence les anomalies topographiques. Des prospections sur le terrain ont, ensuite, été mises en place afin d'en vérifier la pertinence archéologique.

L'oppidum d'Orival était un large site fortifié couvrant plusieurs dizaines d'hectares à la fin du 2è âge du Fer (IIè-Ier siècles avant J.-C.). Adossé à la vallée de la Seine, cet oppidum vient de dévoiler de nouveaux secrets.

Deux entrées du site fortifié ont été identifiées ainsi que l'emplacement d'un quatrième rempart (trois autres étant déjà connus). De nouvelles hypothèses sont formulées avec la découverte d'une voie d'origine antique reliant Rouen à l'oppidum et la présence de nombreux temples gallo-romains aux alentours de l'oppidum.

D'après la DRAC, il est maintenant supposé que ces lieux formaient, sous le Haut Empire (Ier-IIIè siècles après J.-C.), le grand sanctuaire de la Cité des Véliocasses, territoire dont Rouen devint la capitale à partir de la fin du Ier siècle avant J.-C.

Grâce à ces recherches nous avons désormais une meilleure compréhension de l'occupation ancienne de ce territoire faisant maintenant partie de la forêt de La Londe-Rouvray.

Afin de mettre en valeur pour le public ces nouvelles découvertes, un court métrage a été réalisé.

Il est également visible sur le site internet de l'ONF (www.onf.fr) ainsi que ponctuellement à la Fabrique des Savoirs de la Métropole à Elbeuf et à la Maison des Forêts d'Orival.

LA TECHNIQUE LIDAR*
Les forêts recèlent de nombreux vestiges archéologiques, souvent conservés sous forme de micro-reliefs plus ou moins prononcés. Outre des sites particuliers, les structures parcellaires, voieries et autres, restent inscrites dans la microtopographie des parcelles forestières en l'absence de nivellements postérieurs. Le caractère protecteur de la forêt fait que les vestiges y sont en général beaucoup moins érodés ou perturbés que dans les zones agricoles ou urbanisées. La détection se fait le plus souvent lors de prospections au sol, méthode qui a toutefois de nombreuses contraintes et limites, notamment en raison de la présence des arbres et la végétation basse. La technique LIDAR (Light Detection and Ranging) permet maintenant à l'archéologie forestière de faire de grands pas. Il s'agit d'une prospection aérienne laser qui "efface" la strate arborée et donne la possibilité d'une lecture des anomalies topographiques sur de vastes surfaces. Le Lidar, transporté à bord d'un avion ou d'un hélicoptère, émet entre 5 et 15 impulsions laser par m2. Ces impulsions sont renvoyées vers l'avion après avoir touché la végétation et/ou le sol. C'est ensuite le temps aller-retour de chaque impulsion qui permet de déterminer l'altitude de l'impact. L'intensité du signal renseigne aussi sur les propriétés physiques de l'objet rencontré. Cette technique de télédétection fournit des nuages de points géoréférencés (en 3D). Cette base de données gigantesque doit ensuite faire l'objet d'un traitement informatique.

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