
Qualifiée parfois d’artiste aristo-punk, la photographe et réalisatrice Mika Ninagawa a convié une partie de ses inspirations et de son univers pop pour sa création “Floraison sauvage”, en collaboration avec le festival Normandie Impressionniste. Une manière de rajeunir le dialogue entre le Japon et l’impressionnisme. « La série des Cathédrales de Rouen de Monet a été mon fil conducteur. Sa vision entre en résonance profonde avec l’essence de ma propre création : capturer et retenir la lumière éphémère. Pour ce projet, j’ai cherché le point de rencontre entre la sensibilité japonaise à l’impermanence et le regard sur la lumière propre à la terre de Rouen. »
Adepte des images saturées aux tonalités acidulées, Mika Ninagawa trouve dans les fleurs un support idéal. « Les fleurs sont pour moi un motif essentiel, que j’ai toujours chéri et exploré avec une attention profonde. D’un autre côté, la façade de pierre de la Cathédrale de Rouen m’est apparue comme une mémoire de prières accumulées au fil des siècles. Mon ambition est de donner l’impression que l’architecture elle-même recommençait à respirer. Les fleurs et les couleurs ne sont plus de simples images ; elles se sont transformées pour se lier à la mémoire de la cathédrale et aux sensations physiques des spectateurs. »
Loin de vouloir reproduire l’impressionnisme, Mika Ninagawa s’engage plutôt vers une réinterprétation de ce mouvement pictural. « Il s’agit de rouvrir, à travers ma propre palette et les technologies d’aujourd’hui, cette sensation de voir la lumière que les impressionnistes ont inaugurée. C’est, en quelque sorte, un hommage atemporel que le Japon adresse à l’impressionnisme. Je serai immensément heureuse de partager avec les habitants de Rouen ce moment où la cathédrale entière semble s’éveiller comme un organisme vivant. »