
Chloé Blanc est aujourd’hui étudiante en Master 1 Langues étrangères appliquées, spécialité webmarketing et e-commerce. Elle parle anglais, espagnol et étudie le chinois. De quoi remplir une belle carte de visite. Mais l’essentiel est peut-être ailleurs. Pour être complet, il faudrait ajouter une ligne, manuscrite ! Elle a été “preneuse de notes” durant ses deux dernières années de Licence.
“J’étais amie avec une fille de ma promo, nous suivions les mêmes cours, nous passions beaucoup de temps ensemble et j’ai découvert peu à peu son handicap. Elle n’osait pas trop parler de son TDA (Trouble de l’attention, NDLR.) et de ses difficultés à suivre les cours. Alors j’ai fait les démarches auprès du service handicap de l’université pour devenir preneuse de notes.”
Chloé est présente à chaque cours avec son amie, assidue et régulière. “Chaque soir, je mettais tout au clair et au propre avant de lui transmettre par mail. Parfois, je reformulais les notes pour qu’elles soient encore plus accessibles. Et puis nous nous retrouvions pour réviser aussi.” Une vraie relation d’amitié tissée au fil du temps. “Le plus important, c’est ne pas laisser tomber la personne en cours de route.” Un engagement et des bénéfices partagés. “De mon côté, j’ai gagné en rigueur. Il faut s’obliger à travailler dans l’instant car la personne attend vos notes. C’est aussi une manière de contribuer à la vie de l’université, éviter le chacun pour soi.”
Mais bien sûr il n’est pas question que de cours, de partiels et de diplômes dans cette mission. “J’étais très timide et mon amie très extravertie. Cette relation m’a beaucoup apporté. Elle m’a aidée à oser, à acquérir une aisance sociale, un cercle vertueux y compris aujourd’hui dans la gestion de mes entretiens pour décrocher des stages.”
Pour l’heure, Chloé poursuit son parcours universitaire. Elle n’a pas encore vraiment choisi vers quelle voie elle se dirigera. Elle réfléchit sans rien exclure, toujours attachée à ses valeurs d’engagement solidaire, de réussite partagée. De quoi nourrir une belle vocation d’enseignante. “Pourquoi pas un jour, qui sait ?”