Les Conseils d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) sont des associations départementales créées par la loi sur l’architecture du 1er janvier 1977 qui précise que « la création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des paysages naturels ou urbains ainsi que du patrimoine sont d'intérêt public ».
Ainsi, chaque CAUE prodigue des conseils gratuits aux particuliers, aux communes, forme des publics variés et diffuse des publications sur les sujets qui ont attrait à la qualité du cadre de vie.
Concrètement, qu’est-ce qu’un PLU (Plan Local d'Urbanisme) peut changer dans notre quotidien ?
Depuis l’an 2000, le PLU déroule un ensemble de règles d’urbanisme appliquées à un territoire donné, qui définit et préserve des caractéristiques urbaines, bâties et paysagères, tout en rendant possible leur évolution. En planifiant ces différents éléments (zones d’habitat, lieux de travail, espaces naturels...) selon un principe de cohérence générale, il améliore la qualité de notre cadre de vie. Les règles d’implantation du bâti, si elles sont parfois vues comme des contraintes, permettent notamment de garder des densités d’habitation ou encore des hauteurs de bâtiment acceptables par tous. C’est par le biais du PLU que les communes planifient des projets de maillage piéton ou vélo, leur permettant de créer des boucles de promenade ou de sécuriser des axes très empruntés. C'est une solution pour faciliter le quotidien des familles, et fiabiliser les accès menant aux établissements scolaires par exemple.
Aujourd’hui, comment concilier la nécessité de produire des logements avec la préservation des paysages et des terres naturelles ?
En réhabilitant les friches urbaines, par exemple d’anciennes usines qui deviendront de nouveaux lieux de vie, nous pouvons réhabiliter l'existant. De la même façon, en rénovant les immeubles de centre-ville avec des commerces en rez-de-chaussée, tout en créant un accès individuel à l’étage côté cour, nous produisons intelligemment des logements et une activité économique. Une autre solution consiste à surélever des constructions déjà existantes, tout en améliorant au passage leur accessibilité. En planifiant des espaces publics de qualité associés à des formes urbaines denses mais bien pensées, par le biais d’Orientations d’Aménagements et de Programmation (les OAP, qui sont une des pièces du PLU), nous pouvons optimiser ces espaces qui se font rares dans le tissu urbain. L'occasion également de préserver les espaces agricoles et les espaces naturels. La reconversion du patrimoine bâti rural avec changement de destination est également une option pour créer du logement sans urbaniser. Ainsi, une ancienne grange peut devenir une habitation.
Comment un PLU peut contribuer à améliorer la qualité architecturale et le cadre de vie des habitants ?
Le PLU établit un ensemble de règles pour chaque zone identifiée en fonction d'une analyse architecturale et urbaine réalisée en amont. Il va définir les conditions qu'il faudra respecter en cas de projet public ou privé, pour prolonger le caractère harmonieux d’une rue, d’un quartier ou d’une place. Grâce à ces règles communes sur les gabarits, les hauteurs, les implantations, la composition des façades, les clôtures, les plantations, nous pouvons maîtriser l’aspect d’un projet de rénovation, d’extension ou de construction neuve en respectant notre cadre de vie commun. Concernant le paysage, le PLU protège le patrimoine végétal. Dans le cadre d'un projet d'urbanisme, il convient de faire une demande de plantations. C'est un moyen efficace de donner un cadre de vie de qualité aux habitants, particulièrement quand on sait l’importance de la végétalisation dans la lutte contre les îlots de chaleur.
Photo : © CAUE 76