Microbiote et maxi-découverte

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À Rouen, David Ribet, directeur de recherche à l’Inserm, a isolé une nouvelle bactérie au sein du microbiote intestinal humain.

Le corps humain ne manque pas de ressources. Il abrite bien des trésors, y compris dans les lieux les plus inattendus... et en particulier dans notre intestin. David Ribet est bien placé pour le savoir, lui qui consacre sa vie de scientifique à l’étude des bactéries du microbiote intestinal humain. Un écosystème à la fois fécond et complexe qui stimule notre système immunitaire et qui peut même influencer notre comportement. « J’ai vu démarrer la thématique, il y a environ 20 ans. C’est fascinant, de se trouver là au début d’une telle histoire scientifique. On voit les connaissances s’accumuler », explique le chercheur.

C’est précisément dans ce fabuleux écosystème du vivant que David Ribet et son équipe de l’unité Inserm UMR1073 de l’Université de Rouen Normandie ont réussi à isoler une bactérie jusqu’ici inconnue. « C’est la première fois dans ma carrière que j’identifie une bactérie nouvelle du microbiote. Je suis hyper fier en tant que microbiologiste d’avoir découvert une nouvelle espèce mais j’éprouve surtout le sentiment de me sentir utile. » Honneur au découvreur, David Ribet a eu le droit de baptiser cette toute nouvelle bactérie !

« Nous l’avons appelée Pilosibacter rotomagensis. Une référence et un hommage à la ville de Rouen, Rotomagus, de son nom gallo-romain. Indépendamment du fait que cette espèce n’avait jamais été observée, nous avons pu démontrer que cette bactérie possédait des propriétés anti-inflammatoires très intéressantes, susceptibles d’être utilisées dans le traitement de maladies inflammatoires chroniques comme la maladie de Crohn, une maladie particulièrement invalidante et qui touche près de 300 000 personnes en France. » Aujourd’hui, il reste à franchir de nombreuses étapes mais la bactérie Pilosibacter rotomagensis alimente déjà de nombreux espoirs. Le champ à explorer est vaste autant que celui des applications possibles. Et tout se joue dans un laboratoire installé sur le campus Santé de l’Université de Rouen Normandie. 

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