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Un autre regard sur la ville

  •   23/02/21

Paysagiste et urbaniste, Jacqueline Osty est a dessiné le parc Grammont, les quais rive gauche et la presqu’île Rollet. Son regard se tourne aujourd’hui vers le quartier Flaubert.

Distinguée à de nombreuses reprises comme l’une des plus grandes paysagistes françaises dont le talent est reconnu au-delà des frontières, Jacqueline Osty entretient toujours une sincère modestie face à un paysage. Elle s’émerveille aisément et ne renonce jamais à mettre un peu d’art dans sa vie tout en préservant le vivant dans son art. “À Rouen, la reconquête des berges de la rive, a été une occasion de changer de point de vue sur la ville et d’apprécier des choses aussi simples que les reflets de la lumière dans l’eau de la Seine.” Ne pas oublier la beauté. Mais dessiner un espace public, un parc, un aménagement urbain, “c’est toujours une démarche globale. Il est important de se référer à ce qui a existé et de dépasser le périmètre de l’aménagement proprement dit pour interroger l’ensemble du territoire. Respecter cet équilibre entre le visible et l’invisible.” 

Jacqueline Osty nourrit donc son inspiration de multiples influences, mêlant la géographie, la géologie, la culture, la sociologie et l’histoire. “La matière du passé est importante. Rouen et son histoire industrialo-portuaire est une pépite. Les rails, l’architecture des silos... pour moi, ces formes sont belles. Elles sont déjà inscrites dans les toiles impressionnistes.” Pas question de gommer mais de composer. “C’est ça l’art urbain. Le quartier Flaubert serait face à ces collines, cet amphithéâtre de verdure et de craie. Et plus loin, la verticalité des clochers. Un authentique spectacle. ”

Formée à l’école du paysage de Versailles, Jacqueline Osty n’oublie jamais la nature. “Il faut que le vivant trouve sa place. Le bien-être en ville dépend de cette possibilité à percevoir les variations saisonnières. Vivre au rythme des floraisons. C’est comme une poésie à mettre en scène et une source de plaisir destinée à tout le monde.” Vigilante à entretenir de la mixité dans les quartiers, Jacqueline Osty sait qu’elle n’est pas un démiurge et que chacune de ses réalisations implique le regard de l’habitant. À chaque fois, elle semble nous renouveler son invitation à redécouvrir un paysage familier, à travers ses yeux et à nous émerveiller à nouveau.