Prix Ilan Halimi : tous égaux sous le masque

  • Publié le 07/06/2021 - 09:37
Prix Ilan Halimi : tous égaux sous le masque

Cinq élèves du lycée Les Bruyères à Sotteville-lès-Rouen ont remporté le prix Ilan Halimi. Une récompense pour des jeunes qui se mobilisent contre les préjugés et les stéréotypes racistes et antisémites.

Caroline, Anaïs, Melissa, Flavia et Hakim, élèves du lycée Les Bruyères à Sotteville-lès-Rouen sont encore très émus. Ils ont reçu le prix Ilan Halimi des mains du Premier ministre, lors d'une cérémonie officielle. Ce prix met à l'honneur les actions de lutte contre les préjugés et les stéréotypes racistes. Il porte le nom du jeune Français enlevé, séquestré et torturé, mort de la haine antisémite, mort à cause des préjugés en 2006. Il avait 23 ans. "Nous avons été touchés par l'histoire du jeune Halimi, " explique Caroline Fernandes, habitante de La Neuville-Chant-d'Oisel et élève en prépa économique et commerciale au lycée Les Bruyères à Sotteville-lès-Rouen.
Caroline et ses quatre camarades ont travaillé chaque soir pour préparer leur dossier, soutenus par le proviseur et le professeur de documentation. "Le projet est décomposé en trois parties. D'abord, une campagne d'affichage, dans le lycée "Tous égaux sous le masque" pour montrer que le covid touche tout le monde. Ensuite, un podcast, avec la radio du lycée, nous a permis d'obtenir des témoignages de victimes de racisme. Enfin, nous sommes intervenus dans des classes de seconde. À l'aide de diaporamas, nous avons expliqué l'origine du racisme et l'histoire du jeune Ilan. À la fin de la séance, les élèves pouvaient apporter leur témoignage par écrit et anonymement. En les lisant à voix haute, certains étaient surpris et choqués de voir que le racisme touchait aussi leurs camarades de classe". À travers ce travail, les cinq élèves ont apprécié de sensibiliser les plus jeunes et de libérer leur parole. "Les clichés et préjugés racistes sont tenaces", insiste Caroline.
Avec les 5 000 € de dotation, les cinq lauréats souhaitent poursuivre leur action et créer une association. L'objectif serait d'intervenir dans les lycées, afin d'informer les élèves sur leurs droits et les inciter à rompre le silence.