11 premiers bus à hydrogène vont intégrer le réseau de transport en commun

  • Publié le 09/03/2021 - 08:23Mis à jour le 10/03/2021 - 16:44
11 premiers bus à hydrogène vont intégrer le réseau de transport en commun

La Métropole Rouen Normandie annonce l'achat de 11 bus à hydrogène et l'ouverture d'une station de production d'hydrogène sur son territoire. Objectif transition énergétique.

Dans le cadre de son programme de renouvellement du parc de véhicules de transport en commun, la Métropole va se doter de 11 bus à hydrogène cette année, pour une livraison mi-2022. Cette expérimentation d’une nouvelle mobilité sur le territoire s’inscrit dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’air et s’accompagne d’un projet d’implantation d’une station hydrogène, pour lequel la Métropole concourt à l’appel à projets organisé par l’ADEME dont les résultats sont attendus à la mi-mars.

La Métropole a initié il y a deux ans une réflexion sur le verdissement de sa flotte de bus, elle a ainsi lancé des études et procédé à plusieurs tests de motorisation. Dans le cadre de son programme de renouvellement du parc de véhicules de transport en commun pour 2021, la Métropole a ainsi décidé d’acquérir 11 bus fonctionnant à l’hydrogène pour un budget 9,5M€ en complément des 17 bus électriques pour un budget de 12M€. Cette décision dépasse le strict respect des obligations réglementaires qui imposent qu’au moins 50% des véhicules ainsi renouvelés soient des véhicules à faibles émissions puisque c’est 100% des véhicules à remplacer qui le sont en électrique pour l’année 2021.

La Métropole souhaite tester la solution hydrogène sur les lignes de bus trop longues pour être exploitées avec des bus électriques, en particulier la ligne 6 du Réseau Astuce, ligne régulière très fréquentée du réseau, reliant les arrêts « Beauvoisine » à « Les Bouttières » en passant par Rouen, Petit-Quevilly, Grand-Quevilly, Petit-Couronne et Grand-Couronne. Cette ligne, longue de 17 km répartis sur 42 arrêts, est actuellement parcourue par 11 bus standards avec une amplitude horaire importante afin de répondre aux besoins des usagers. La motorisation électrique ne convient pas au besoin d’autonomie de ces bus, en raison de la forte amplitude horaire et du kilométrage important de cette ligne. L’hydrogène est donc la solution la plus adaptée pour décarboner la ligne 6. Cette solution va être ainsi être expérimentée à partir de l’été 2022.

Le territoire rouennais présente la particularité de posséder des variations topographiques importantes. Cette première flotte hydrogène a aussi pour but de tester la technologie sur le réseau. Lors des baisses d’utilisations de bus sur la ligne 6 (vacances/week-end), les bus restants seront testés sur d’autres lignes. Cela permettra de juger de la pertinence de la mobilité hydrogène sur d’autres lignes possédant d’autres contraintes d’utilisations (fort dénivelé, niveau de service, longueur de la ligne…).

En parallèle, des réflexions en termes de mobilité verte sur la solution technique à adopter pour les bus articulés et, en particulier, les véhicules TEOR sont actuellement menées. De même, les études vont se poursuivre concernant les minibus utilisés pour Filo’R.

Une station de production hydrogène au dépôt de bus des « 2 Rivières »

Pour charger ces bus en hydrogène, une station de production et de distribution va être implantée dans l’enceinte du dépôt bus des 2 Rivières situé à Rouen. La Métropole est candidate avec la société Valorem et le soutien technique et opérationnel de Transdev Rouen à l’appel à projets Ecosystèmes Territoriaux Hydrogène lancé par l’ADEME (Agence de la Transition Écologique) afin de développer, sur le territoire, sa première unité de production d’hydrogène vert. L’objectif de l’ADEME est de soutenir financièrement les « premiers déploiements de véhicules hydrogène dans des flottes professionnelles, pour le transport de personnes ou de marchandises et de poursuivre le remplacement de la mobilité carbonée diesel et essence »*. Cet appel à projets s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale hydrogène et du Plan de relance. Le dossier métropolitain s’intitule « Rouen Vallée Hydrogène ». Les résultats de cet appel à projets sont attendus pour la mi-mars.

Au-delà de la fourniture d’hydrogène renouvelable aux 11 bus de la ligne 6, ce projet inédit de production d’hydrogène localisé au coeur de la ville de Rouen s’inscrit dans une stratégie globale de la Métropole. Depuis 2017, la Métropole possède une station de recharge d’hydrogène pour véhicules légers dans le cadre du projet EAS-HyMob qui alimente une dizaine d’utilitaires Renault Kangoo fonctionnant à l’hydrogène. Ce projet présentera donc une synergie avec cette station existante, en lui fournissant de l’hydrogène vert et en initiant un maillage du territoire Rouennais.

Rouen Vallée H2 sera le premier projet hydrogène significatif pour la Métropole et répond à un besoin impérieux de transition énergétique. Il appellera d’autres initiatives dans les années à venir, avec comme objectif de développer sur Rouen un savoir-faire et un écosystème locaux, impliquant des flottes de véhicules de toutes tailles, publiques ou privées, ainsi que des consommateurs industriels.

Comme inscrit dans son PCAET, la Métropole Rouen Normandie se donne comme objectif d’être territoire 100% Énergies Renouvelables en 2050, et si possible en 2040. Signé en novembre 2018, l’Accord de Rouen concrétise une initiative unique en son genre à travers une COP21 locale, déclinaison de la COP21 des Nations Unies.