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Rendre visible l’invisible

  •   28/02/19

Déceler les cancers plus tôt pour mieux les traiter. C’est tout l’objet des recherches de la jeune start-up USPeD, installée au cœur de la pépinière Seine Biopolis à Rouen, dont la solution entre en phase d’essais cliniques.

Docteur en biomédecine de l’Université de Rouen, Yannick Gangwe détient peut-être la recette d’une solution révolutionnaire dans la détection des cancers. USPeD – c’est le nom de sa technologie brevetée et de sa société installée depuis deux ans à Seine Biopolis (Rouen) – est un réactif qui permet de multiplier in vitro des biomarqueurs protéiques, déjà connus et révélateurs de la présence d’un cancer. « Les méthodes utilisées aujourd’hui ne permettent de détecter ces protéines que lorsqu’elles sont assez nombreuses et donc que le cancer est déjà avancé. Notre idée, c’est de rendre visible l’invisible plus tôt afin de permettre une détection précoce et un traitement plus efficace. »

Pour cela, le chercheur s’est inspiré du système PCA utilisé dans la détection de maladies génétiques. « Si l’un de vos parents est atteint d’une maladie génétique, vous avez la possibilité d’utiliser ce procédé pour savoir si vous êtes également porteur ou non avant même de déclarer la maladie, explique le scientifique. Pour cela, le système PCA amplifie vos gènes, cela fonctionne très bien mais ça ne concerne que peu de gens. Mon idée a donc été de reporter ce procédé sur les protéines impliquées dans les cancers, liés cette fois à des comportements, qui eux ne sont pas détectables aussi précocement. »

Plusieurs années de recherche plus tard, le réactif USPeD semble répondre aux objectifs. Simplicité d’utilisation et rapidité des résultats en prime. « On prélève une goutte de sang que l’on dispose dans le réactif. Celui-ci va fonctionner comme une photocopieuse à protéines : deux heures plus tard, si des protéines liées à un type de cancer sont présentes dans le sang, on obtient déjà des copies. Plus on attend, plus ces copies sont nombreuses. On peut alors facilement détecter leur présence et même déterminer leur volume. »

Et cela peut s’appliquer à tous les biomarqueurs, et donc de multiples pathologies. Plusieurs études de faisabilité ont déjà été réalisées pour des marqueurs du cancer du sein, du poumon, du colon… la start-up concentre aujourd’hui ses recherches dans le cancer de la prostate, les maladies auto-immunes, la polyarthrite et la maladie de Crohn.

Après une première levée de fonds fin 2018, USPeD entre en phase d’essais cliniques pour le traitement du cancer de la prostate en lien avec le CHU de Lyon. L’objectif : développer les premiers kits de détection en hôpital pour 2021.

Infos sur uspedivd.com

Un financement participatif est accessible sur www.wellfundr.com/fr/usped