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02/10/2017

Éric Tandy

Parolier des Olivensteins, journaliste, il participe à l’événement Punk ! 40 ans de no future au 106.
 
Comment présenter cette séquence punk au 106 ?
L’important, c’est la diversité. Les magnifiques photos de Sue Rynski, les pochettes de disques qui racontent l’histoire du punk et des moments audios. Entre 1977 et 1979les choses étaient beaucoup plus diversifiées qu’on ne le croit. Une effervescence de création incroyable pendant ces années-là.
 
Qui est Sue Rynski ?
C’est quelqu’un qui prend des photos et qui vit totalement, viscéralement le rock. Quand on voit ses photos on a l’impression d’entendre les groupes jouer, quand on voit le public on a l’impression de sentir la chaleur qui se dégage. Elle a quelque chose de magique pour capter l’instant. Elle est comme un guitariste qui improvise et qui trouve la note qu’il faut quand il le faut. Aujourd’hui, elle continue toujours, elle court encore les concerts punk, même les plus petits.
 
40 ans après, que reste-t-il du mouvement punk ?
Énormément de choses ! Notamment dans la manière, la façon qu’utilisent de petits pour exister, émettre, à travailler dans la marge, avec de petits labels, en organisant de petits concerts… tout cela est vraiment issu du punk. Le do it yourself (faites-le vous-mêmes, NDLR) est vraiment la grande leçon de cette époque. Les groupes savent que dans le monde musical actuel ils n’arriveront pas à percer, ou très peu. Donc, des réseaux se sont créés avec de jeunes groupes, totalement énervés aussi.
 
C’est la fin du disque ?
Ils ne se vendent plus ! On parle de la renaissance du vinyle, mais combien y a-t-il de disquaires en France ? Uniquement à Rouen, à l’époque punk, il y en avait quatre ou cinq.  Et les vinyles sont assez chers, un peu branché et pas vraiment populaire. En fait, c’est plutôt la fin du CD.
 
Quelle a été l’importance du mouvement punk sur la scène rouennaise ?
Au tout début, à Londres et à New York, Rouen a été une des quatre ou cinq villes en France à être à la pointe du punk. Il y a eu une réelle adhésion d’un public d’ados et de jeunes de 20 ans. Le genre a très vite fonctionné avec les Clash, les Sex Pistols, les Ramones… Et localement des groupes ont émergé, les Dogs avec Charlie Was a Good Boy qui est très époque punk, les Olivensteins en 1978…
 
Peut-on parler d’une homogénéité musicale et sociale du mouvement punk ?
Non, justement, et c’est génial. Le punk a ouvert une grande porte et des gens, avec leurs sensibilités, leurs racines différentes, se sont engouffrés et ont créé leur propre musique. La scène rouennaise présente à cette époque une réelle diversité avec une autonomie par rapport aux modes. Cette diversité existe aussi socialement, avec des groupes issus de la classe moyenne et d’autres de milieux ouvriers. Tous ces groupes se croisaient quand même, lors des concerts, chez Melody Massacre (le disquaire où Éric Tandy travaillait, NDLR), et dans deux ou trois bars…
 
Votre passage chez Melody Massacre a été une expérience…
Formidable ! Nous étions à la pointe de tous les 45 tours qui sortaient, qui arrivaient d’Angleterre. Découvrir, faire découvrir, quoi de plus excitant ? Nous étions dans la transmission, des passeurs.
 
Quel souvenir de cette époque vous a marqué ?
Le 26 avril 1977, le 1er concert en France de The Clash aux Chartreux. Dans l’après-midi, l’électricité avait sauté par manque de puissance ! Leur 1er 33 tours venait de sortir et le groupe n’était pas connu mais 250 personnes ont assisté au concert. L’attrait pour le punk était très fort à Rouen. Après le concert les Clash sont venus finir la soirée dans un bar où l’on se retrouvait tous. L’esprit du punk !
 
Un mot pour nos lecteurs à propos des expositions ?
La nostalgie pour les plus anciens et de bons souvenirs et la découverte pour ce qui ont loupé l’époque et les plus jeunes, de bonne raisons d’y aller. Aussi pour découvrir la richesse incroyable de ces moments.
 
 
 

Dites-nous

 
The Clash ou Sex Pistols ?
The Clash, ils ont duré plus longtemps.
 
Slow ou pogo ?
Pogo, bien sûr.
 
Perfecto ou crête ?
Ni l’un ni l’autre. Fringues achetées aux puces et bricolées.
 
Patti Smith ou Nina Hagen ?
Il y a eu des choses révolutionnaires dans le punk avec l’arrivée de groups de filles.
 
New York ou Londres ?
Les deux ! Même si l’on allait plus souvent à Londres, en prenant le ferry à Dieppe.
 
 
PUNK ! 40 ANS DE NO FUTURE
Deux expositions sont présentées au 106 jusqu’au 18 novembre. Les photos de Sue Rynski et 200 pochettes de disques et de documents, avec la complicité de la documentation de Radio-France, de la Sacem et de Claude Levieux, collectionneur et activiste de la scène rouennaise.
 
Photo : ©DR